jeudi 17 mars 2011

Je me souviens :  
de mon oreiller trempé de larmes au petit matin, des chocolatines sortant du four, des matins d'été dans la maison de mon enfance, des multiples adoptions d'escargots (échouées), du temps où j'étais amoureuse, des traces de mercurochrome sur mes genoux, des histoires de mon père avant de m'endormir, que je n'aimais pas la plage jusqu'à l'année de mes neuf ans, des dictées, de "Mathilda", des départs de ma mère, de la balançoire, de mon année de CP, des morsures de ma soeur, des voyages en train avec ma grand-mère, de ma première cigarette que j'ai salement crapoté, de la première fois où Léa a pleuré dans mes bras, des pochettes surprises dans les stations-services, du goût des bonbons à la violette, de la veste Element de Marie en sixième, de la première fois où j'ai nagé sans brassards, de la longue natte de Laura quand on était des petites filles, de l'année fabuleuse de mes quatorze ans, des soirs d'écriture, des ambiances, que j'écrivais des chansons (d'amour) sur l'instru de Sean Paul quand j'avais sept ans, des cheminées en marbre, de la magie de Noël, de Canal J, de mon cœur qui cognait contre le tien, de mes caprices, quand le soir on allait voir "les lumières" dans Bordeaux avec mon père, de mon premier chagrin d'amour, des aiguilles de pin sur le pare-brise l'été, des vagues qui se cognent contre les flotteurs du catamaran, de mes insomnies d'enfant angoissée et/ou d'adolescente blessée, du premier garçon qui a dormi dans mon lit, de la première cuite de Marie, du bois qui brûle et craque l'hiver, de "Se résoudre aux adieux", des lettres de Léa, de mes années de danse classique, quand j'étais fan de Britney Spears, des midis pluvieux au collège, de la peine que m'avait causé le film "E.T.", du rire de ma grand-mère maternelle, des baguettes de pain chaudes, d'une journée d'été de mes huit ans où les lunettes de plongée avaient changé le cours de ma vie, de mes rêves, de mon insouciance, de cette époque où rien ne semblait m'atteindre, de mes cours de latin, des soirées à ma fenêtre avec les filles, de Bordeaux la nuit en scooter, de Paris, de la glace menthe-chocolat, de mes trente-huit barbies, du premier sourire que m'a adressé Paule, des félicitations du conseil de classe, du goût amer des larmes, de la chair de poule que me procure mes rares instants de pur bonheur, de tout ce que j'ai choisi de conserver.