Qu'y a-t-il de plus désespérant que la fin d'un été ?
Il est temps de rentrer à la maison, de reprendre le chemin du lycée, de régler chaque soir son réveil pour sept heures et quart, de retrouver ses habitudes. Je crois que ce qui me manquera le plus est de ne plus pouvoir vivre la nuit, en perpétuel décalage, à mon rythme. Alors j'ai envie de me souvenir pour toujours de ce bel été qui s'achève, l'été de mes seize ans. Bordeaux qui ne veut pas s'endormir, vos sourires dans la nuit, nos frissons dans l'obscurité, l'odeur du tabac froid au petit matin et la pluie par la fenêtre, encore blottis. Je chéris cet éphémère.