dimanche 19 février 2012

Sentiments d'une soirée vide

          La relecture de ma nouvelle, écrite à l'âge de quinze ans et contant le récit d'un deuil amoureux, me force à constater à quel point l'amour influence et marque une existence. Je ne peux nier avoir été émue par tous ces maux que j'énonçais, ces mots que j'expédiais à ce premier garçon, j'oserais dire "malheureux destinataire" à l'époque. Cela fait maintenant une année que je suis parvenue à me débarrasser de ce sentiment devenu fardeau, un an que je ne l'ai plus éprouvé, et je me demande s'il est possible de le ressentir à nouveau lorsqu'on a tant donné sans retour. Je crois qu'à présent j'ai besoin que l'on me "ré-apprivoise", je ne suis plus capable ni de m'abandonner ni de me lâcher comme j'ai pu le faire dans le passé. Si je devais être exacte, je dirais plutôt que le problème réside dans le fait que j'ai appris à me fixer des limites, j'ai pris la décision de ne plus m'autoriser aussi facilement à éprouver des sentiments, seulement des sensations. Alors en attendant que mon coeur se remette à accélérer, il y a les aventures absolues, là où le désir naît pour ne jamais s'éteindre. Un désir peu ou pas assez rassasié, qui tient en haleine et fait mine de divertissement. Car les histoires qui s'éternisent s'achèvent dans l'ennui et la lassitude. Sauf exception, et encore faut-il la trouver. Je n'ai pas de solitude à combler, rien que "des espaces vides". Aujourd'hui je suis... libre.