TOUJOURS PLUS
Qu'est-ce qui fait de moi une adepte du "toujours plus" ? Toujours plus de garanties, de droits, d'avantages... Toujours besoin de plus. "Nos pulsions sans limites et nos désirs inconscients nous entraînent malgré nous dans leur spirale." Alors est-ce inconscient, ancré dans l'être humain, de toujours en redemander, car plus on a, plus on veut avoir. Ce syndrome dérangeant que l'on porte tous plus ou moins en nous qui nous persuade que l'on n'a jamais assez, que l'on ne peut être satisfaits et qu'il y aura toujours quelque chose qui ramènera notre contentement à l'illusion. Est-il humain de sans cesse désirer davantage ? Je suis en train de réaliser que je ne me suis jamais considérée comme étant comblée, pourtant je dois bien le dire, je vis confortablement, en théorie rien ne me manque. Je dis bien "en théorie", car revient ce "toujours plus" presque maladif. Je n'ai pas le souvenir de m'être un jour sentie pleinement contentée, tout sourire, en ayant la sensation que chacun de mes désirs aient été validés.
Je m'interroge, sommes-nous capables de nous contenter justement de ce que l'on obtient, de ce que l'on reçoit, de ce que l'on nous donne ? Reprenons la question à l'envers : sommes-nous bien réceptifs à ce que l'on nous propose, possédons-nous la faculté de se regarder, de se comparer à d'autres et d'articuler "Oui, je détiens ce à quoi j'aspire, et tout va bien comme cela." Par là, je n'insinue pas que l'on doit se positionner en tant qu'heureux par rapport à l'autre, à ses histoires, mais parfois il suffirait juste d'ouvrir les yeux pour prendre conscience que le "plus" aspiré est finalement superflu.
Quelque part, serait-ce une sorte d'ambition : ne jamais s'avouer contenté, rassasié de nos désirs, afin de ne pas s'estimer accompli trop vite, afin d'acquérir de la volonté, celle de toujours faire mieux, celle de toujours faire plus ?
Toujours plus... Je finirai par m'y épuiser.
