(Sentiments d'un dimanche soir)
Je ne saurais dire pourquoi, mais je me suis mise à fouiller dans mes vieux courriers, précieusement conservés depuis l'enfance. Ce sont de réels trésors : lettres, dessins, photos, cartes postales... J'ai gardé tout ce que l'on a pu m'adresser jusqu'à aujourd'hui. Je me suis donc délectée à les relire, et il y a une chose qui m'a surprise, j'oserais dire émue : enfant, nous n'avions pas peur de faire des promesses. De plus, ce ne sont pas des promesses à la légère, ce sont des promesses d'avenir qui nous engage. L'occurrence des "je t'aime pour la vie", "je t'aime de tout mon cœur", "notre amitié restera toujours gravée", "nous deux c'est pour la vie" (sans les fautes d'orthographes) et j'en passe, est saisissante. Cela m'a touché cette innocence, cette insouciance que l'on portait en nous, et qui nous permettait de nous faire de telles déclarations : on ne se rendait pas compte, on y croyait dur comme fer, pour de vrai, et c'est cela qui est beau. Notre existence débutait à peine et l'on se promettait déjà de toujours être ensemble. Aujourd'hui, en ayant grandi, qui a le courage de faire de telles promesses ?
Alors certes, certaines des personnes qui m'ont fait ces belles promesses ne font plus partie de ma vie, ou ne sont plus aussi proches de moi qu'à l'époque de leurs lettres, mais cela n'est pas triste, cela nous rappelle qu'un temps, on a appris à se construire ensemble. Et cela continue avec de nouvelles personnes, de nouveaux courriers, mais moins de promesses : on ne prend pas le risque de ne pas pouvoir les tenir, mais je ne crois pas qu'elles sonnent plus justes, plus vraies, parce qu'elles sont censées être réfléchies.Certaines fois j'aimerais revenir à l'enfance rien que le temps d'une journée, afin de monter à nouveau sur les épaules de mon père, rire dans les bras de ma mère qui me "fait l'avion", profiter de la naïveté de ma petite sœur... Oh oui, c'était comment déjà ?
Photo : Laura et moi, une promesse d'amitié qui dure.................
